Un voyage au bout de mon rêve

Le moment tant attendu est arrivé. Je me sent fébrile à la veille de ce départ vers ces grandes Darling, je vais enfin les voir, je vais y marcher, je vais y courir, un voyage en solitaire, une liberté totale que j’ai le goût de vivre. Ultrak46, je serai là bientôt.

Un voyage vacances  et une course en montagne dans un endroit qui me passionne à l’infini, être là 2 semaines avant ma course, question de calmer mon grand appétit de ces montagnes et pour mieux en profiter, et 1 semaine après ma course pour enfouir dans mon intérieur, au  plus profond de moi, cette belle Europe, marcher, regarder, courir, sentir… Wow, que c’est bon. Un grand moment de bonheur.

Me voilà rendu à Chamonix  2 semaines avant ma course. J’y passe la semaine, je fais 4 jours de montagne, du trek avec couché en refuge, c’est magnifique. J’ai fait du parapente avec un départ à 2000 m, c’est débile! Europe 2016 2074Le lundi, je quitte le refuge Torino en Italie, où j’ai dormi, par téléphérique, je descends à Courmayeur et de là, par les sentiers qui font le tour: France, Italie, Suisse, je marche avec mon sac 35 litres d’environ 15 kg vers Zermatt, des journées de 6 à 7h avec  pas mal de dénivelé d+ et d-.

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J’aime, je dors en refuge  en Italie et en Suisse à des altitudes de plus de 2000 m, des vues sur les glaciers s’offrent à moi, sous un soleil de béton, la vue est incroyable  et les belles montagnes avec de la neige au sommet me font penser au ski.  Des cols, des aiguilles de roches, elles sont toutes si impressionnantes à mes yeux, wow! (Probablement le mot le plus utilisé dans mon voyage!)

Rendu à Trient en Suisse le mercredi soir, je couche là en refuge et de là, le jeudi, je me rendrai par la route en véhicule (un peu de repos et bien hâte de fouler le sol de Zermatt) et le midi je suis rendue à Zermatt. J’ai un endroit pour coucher à 100 m. du départ de la course que j’ai réservé pour 3 soirs.

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J’aperçois un fanion qui indique la course. Boum boum boum, mon cœur est tout excité, sourire et bonheur! J’aurais le goût de danser, mais il y a trop de monde! Un peu de nuages cachent la bête , demain je serai tôt pour l’observer. Eh oui, le voila, le réel est bien là, je m’assis pour le contempler, mais je ne reste pas en place, je vais plus près en commençant a monter dans un sentier.

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Le vendredi après-midi, je vais chercher ma tocarde (plaque avec numéro de coureur et quelques petits cadeaux offerts  à l’endroit prévu. Je vois des coureurs partout, je suis dans le town trailrunning, merveilleux, quel beau sentiment.

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Samedi matin, j’arrive tôt sur le site et le grand jour est arrivé, le départ est à  7h30. Je vois tous ces mordus de la montagne et des joueurs de cor des alpes qui me donnent les frissons à les entendre. Dans tout mon corps, l’appel de la montagne est bien là,  j’en ai un peu les larmes aux yeux, quel bonheur, je suis sans mot.

La course, en gros, ce sera 46km, plus de 500 coureurs et 3600m de dénivelé. Puisque j’ai vu le profil du tracé, je sais que le Gornergrat, un 3100 m, sera selon moi mon plus gros défi. Dans le début, le pas de course à 1600m est assez rapide, mais je suis bien à l’aise, on monte rapidement vers un sommet dans un single track à plus de 2300m, on redescend une longue section aussitôt arrivés et à un moment, on se met à remonter à nouveau et là, je me rend compte que je suis dans ma section la plus difficile, vers les 2500m. Une longue filé de coureurs en avant et en arrière m’impressionne, il y a du monde à la messe, je me dis! L’altitude fait son effet sur mon corps même si je marche comme bien du monde: le cœur bat plus vite et les jambes sont lourdes. C’est  fascinant, cette sensation sur laquelle j’avais tant lu et dont j’avais entendu parler, là, je la vie, mais c’est difficile. À 3 reprises, je me dis en regardant vers le sommet « on arrive », mais non, il en reste encore. Je ne lâche pas. Finalement, enfin, le sommet est là  Yes! J’ai réussi, 14 km de faits, il en reste encore pas mal, mais la vue au sommet est magnifique, le Matterhorn pas loin, de beaux glaciers immenses, plein de gens qui nous encouragent, c’est gratifiant, leur sourire, alors je leur dis « Marci! », et j’entends « ah! tu es Canadien! »

Bref, une belle ambiance tout le long du trajet, je continue à bien gérer les longues descentes et montées, on rejoint les coureurs du 30 km, eux partis d’ailleurs et là, il y a du monde dans la trail, pas tous rapides, je devrai dépasser souvent si je ne veux pas finir trop tard. Tantôt je me régale en accélération et dépassements et en coupant certains croches très techniques dans les descentes que la pluie a travaillé. J’adore ces terrains, je me sens très à l’aise. Il y a des sections assez vertigineuses, mais je suis prudent. On me dépassait dans la montée du 3100m, car certains étaient mieux acclimatés que moi et plus jeunes.

Lors de la longue montée, mais passé cet endroit, il y en avait moins, ils étaient même rares. Je me suis bien hydraté aux 6 ravitos et tout le long de la course, et je le sens bien, j’ai de l’énergie car au dernier km, j’ai défendu ma position contre  4 autres coureurs plus jeunes qui accéléraient, wow! Ça été intense, on s’est serré la main à la fin avec le sourire, et quel accueil, des gens qui chantaient des chansons bien typiques à eux, des applaudissements, c’est fou l’ambiance à l’arrivée.

J’ai réussi mon rêve, un incroyable sentiment de réussite  qui se réalise dans un endroit merveilleux. On me remet ma médaille et un t-shirt de finisher de la célèbre course du Matterhorn ultrak46

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Wow, wow, wow,  là aussi j’en ai les larmes aux yeux, et ce moment que je partagerais avec mes 2 filles, Émilie et Marie-Hélène, que j’aimerais serrer dans mes bras dans ce moment présent.

Je m’en retournerai le lendemain (dimanche) vers Chamonix où le championnat du monde de trail commence le lundi. Toute une ambiance là aussi , je voulais vivre ce feeling avec tous ces passionnés et c’est fait.

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Je suis retourné en montagne le mardi  jusqu’à un sommet à 2500m  faire un trailrunning mollo et de belles rencontres aussi. Je repars heureux, je serais resté encore pour continuer d’explorer toutes ces belles montagnes, mais je reviendrai. Là, j’ai une autre course qui m’attend chez-nous au Gaspésia100  Je ferai un 45 km dans ma terre natale, une belle course dans un endroit merveilleux de mer et montagne.

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Vivre ses rêves, aller vers nos valeurs qui nous rendent heureux, voila l’important dans ma vie. Même si parfois on se trompe un peu, la montagne nous offre toujours quelque chose d’intéressant à vivre.

 parole Gaston Rébuffat

                         Gaston xx

5 réflexions sur “Un voyage au bout de mon rêve

  1. Christiane. Berthelot

    Merci Gaston de nous avoir emmener dans ta passion. On a l impression d être la avec toi.. Bravo pour ta réalisation, tu es une inspiration pour tous.
    C est tellement beau de te voir réaliser tes rêves , tu es notre Champion, continue d l’aller au bout de tes rêves. xxx

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  2. Diane Berthelot

    Wow Gaston! Bravo je suis contente et fière tu as réalisé ce qui te tenait à coeur
    Ton récit c’est comme si on y était …..se retrouver seul ailleurs nous fait encore grandir …

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